Le nouveau DC Universe a eu un début assez réussi au cinéma (« Superman » est dans le top 10 des films ayant rapporté le plus en 2025 et 6ème des Awards 2025) et voilà donc qu’arrive déjà le deuxième film, consacré cette fois à la cousine de l’Homme d’Acier, avant Clayface en octobre et un second film Superman (« Man of Tomorrow« ) dès l’été 2027.
Est-ce qu’on continue sur une bonne lancée ?
Le film est sorti le 1er juillet 2026 au cinéma
Présentation
N’arrivant pas à se sentir chez elle sur Terre, Kara Zor-El (Milly Alcock) décide d’aller faire la fête durant plusieurs jours pour son 24ème anniversaire, sur diverses planètes, principalement celles disposant d’un soleil rouge, lui permettant de ressentir les effets de l’alcool.
C’est lors d’une de ces soirées, que son chemin va croiser celui de la jeune Ruthye Marye Knoll (Eve Ridley) qui cherche à venger la mort de sa famille, récemment assassinée par Krem des Collines d’Ocre (joué par le Belge Matthias Schoenaerts), le leader d’un groupe de malfrats nommés Les Brigands.
Critique
Il était difficile de savoir exactement ce qu’on allait avoir dans ce film et comment Kara allait être incarnée au vu de ses quelques secondes d’apparition dans le Superman de 2025 et je dois dire que de mon côté, ça a plutôt pas mal marché.
Milly Alcock est vraiment convaincante dans le rôle de Kara et si son comportement semble assez égoïste en introduction, le film prend le temps d’approfondir son histoire, plongeant aussi, sans y passer des heures mais sans l’occulter, sur son passé et à faire évoluer l’héroïne au fil de son histoire.
Son duo avec Eve Eidley fonctionne bien et contribue à l’évolution de Kara. Elles mettent en place une relation très sororale avec une grande sœur protectrice face à une plus jeune déterminée à réaliser son objectif au mépris du danger. Cette relation reste malgré tout assez superficielle et aurait pu mériter qu’on s’y attarde plus par moment au détriment de quelques minutes de phases d’action par exemple.
Krem reste un antagoniste assez unidimensionnel, bien que très bien interprété par Matthias Schoenaerts. Il reste menaçant et cruel mais il n’est rien de plus qu’un objectif pour notre duo. Il manque de profondeur pour en faire autre chose qu’une brute épaisse et sadique. D’autant que des gimmicks présentés en début de film ne sont jamais réellement utilisés (son masque au tout début n’est jamais revu par exemple), mais il reste néanmoins un méchant de film de super-héros dans la moyenne, réalisant également froidement des actes d’une terrible cruauté.
Abordons tout de même l’autre tête d’affiche mise en avant en promo, même s’il est un personnage très secondaire de l’intrigue : Lobo, joué par Jason Momoa, qui était Aquaman dans le précédent DCEU. Mercenaire à la recherche d’un membre de l’équipage de Krem, sa présence n’est clairement pas indispensable à l’intrigue. Il apporte un côté comic-relief qui fait sourire et sa présence n’est pas gênante non plus, ça donne un tempo différent à certains affrontements.
Visuellement, si le film nous propose parfois de très jolis décors intérieurs et extérieurs (principalement sur fond vert tout de même), il n’y a rien d’extrêmement original dans la mise en scène ou dans les effets pour que le film devienne inoubliable. Pour une première incursion dans le monde des super-héros, le réalisateur Craig Gillespie (réalisation de « I, Tonya » et « Cruella », entre autres) reste dans un certain classicisme pour les films de ce genre.
La bande-son n’est pas désagréable et on peut être surpris de certains morceaux (comme la reprise du « Cheek to Cheek » d’Ella Fitzgerald lors d’un affrontement). Mais on reste dans quelque d’assez similaire à ce qui est proposé dans derniers films du genre, en particulier les autres films liés à James Gunn (qui n’a qu’un rôle de producteur ici, gérant le DCU).
Le film fait le choix, qui a pu déplaire à certains, de nous introduire ce personnage puissant et important via ce qui reste une petite histoire, basés sur des griefs personnels et sans devoir gérer une menace d’ampleur. On reste ici face à une classique course après un MacGuffin (ici, l’antidote) en allant d’étapes en étapes. Je trouve que ça reste un bon moyen d’apprendre à connaître un personnage, sa vision des choses, ses motivations, sans essayer de tout mêler directement dans un énorme récit choral ou une menace tellement importante que les prochains affrontements sembleront ridicules.
Mais il reste tout du long sur un rythme assez élevé, enchaînant les séquences sans réels temps morts, ne nous donnant pas l’impression de nous ennuyer une minute pendant la séance.
! Attention ! Spoilers !
On n’échappe tout de même pas à des problèmes un peu typiques de ce genre de récits (et pas qu’en film) avec des coïncidences improbables, des méchants « parce qu’ils sont méchants », etc.
Pas de vraie surprise sur le dénouement. Évidemment que le petit chien s’en sort, évidemment que Ruthye apprend à être une meilleure personne et bien sûr Kara va faire le choix de rester un peu plus Terre pour essayer d’en faire son nouveau chez-elle.
Mais le film nous montre tout de même que derrière son côté héroïque et son envie d’être « une bonne personne », elle peut également être plus froide en exécutant froidement Krem.
On verra le rôle qu’elle aura dans le Man of Tomorrow de 2027, où Superman devrait se retrouver face à Brainiac. Mais on devrait, à priori, la revoir ensuite dans d’autres projets non encore annoncés.
Conclusion
Pour savoir si vous allez aimer ce film, il faut aussi voir quelles sont vos attentes actuelles dans un film de super-héros. Si vous cherchez un film qui révolutionne le genre ou qui traite en profondeur de grands sujets de société, vous risquez en effet d’être déçus. Si vous avez envie d’un divertissement avec une héroïne intéressante et où on ne s’ennuie pas un instant, alors vous pouvez lui donner sa chance.
Les acteurs sont convaincants dans leurs rôles, ça reste joli à regarder et si le scénario n’est pas des plus recherchés, il n’est pas non plus un cliché inintéressant.
Le film n’est pas parfait, loin de là, mais ça reste une base solide pour construire le personnage et la placer à l’avenir dans un univers plus complet quand (et si) ce DC Universe arrivera à une certaine maturité.

