Spider-Man : Brand New Day – Un exemple de film Marvel bien exécuté ?

Il y a eu des hauts et des bas avec le Marvel Cinematic Universe ces dernières années et Marvel semble vouloir vite conclure sa « Saga du Multivers », qui ne s’est pas déroulée comme ils l’avaient imaginée.

« Brand New Day » est donc le 38ème film du MCU, le 2ème de cette « Phase 6 », vraiment courte car ce 4ème Spider-Man en est l’antépénultième, juste avant les 2 films Avengers de décembre 2026 et décembre 2027.

On retrouve donc une nouvelle fois Tom Holland dans les collants de notre homme-araignée, prêt à être encore le héros préféré des New-Yorkais.

Présentation

4 ans se sont écoulés depuis « No Way Home » et le sort de Stephen Strange qui a fait oublier à tout le monde qui était Peter Parker (Tom Holland). Il vit en solitaire, suivant son ancien meilleur ami Ned (Jacob Batalon) sur les réseaux sociaux, où il peut également avoir des nouvelles de celle qui était sa bien-aimée, MJ (Zendaya) et dédie tout son temps à être le héros de New-York, protégeant les habitants des divers criminels qui troublent leurs vies.

Alors qu’il intervient dans une course-poursuite avec un tank qui s’attaque au Département du Damage Control, il se rend compte qu’il est face à une menace d’un type nouveau : un criminel télépathe capable de prendre possession d’autres personnes.

Un problème ne venant jamais seul, Peter doit aussi composer avec une évolution de sa mutation arachnide qui augmente ses sens et capacités mais peut lui faire perdre le contrôle.

Le film est sorti au cinéma le 29 juillet 2026

Critique

Les parties importantes de la critique seront dans la zone spoilers cette fois, difficile de s’étendre sur l’intrigue et ses implications sans dévoiler des éléments qui sont absents de la communication officielle et donc autant laisser la surprise à celles et ceux qui liront cette critique sans avoir forcément vu le film.

Il y a vraiment beaucoup de choses réussies dans ce film !

Tom Holland a enfin l’opportunité de jouer un Peter Parker moins « naïf et enfantin » qu’il pouvait l’être dans les précédents volets. Il a vraiment pu étoffer son jeu et montrer bien plus de facettes de son personnage. Vraiment attachant de bout en bout, on est vraiment sur l’une des meilleures incarnations de Spider-Man en live action au cinéma.

Le reste du casting n’est pas en reste. Zendaya et Jacob Batalon sont moins présents, surtout lui, mais leurs scènes sont toutes importantes et admirablement bien jouées. Le fait d’avoir un Ned moins présent aide aussi à le rendre un peu moins « lourd » qu’il avait pu l’être dans certains volets précédents.

Les « visiteurs du MCU » sont bien intégrés également, mais toujours « à la sauce Spider-Man ». Frank « Punisher » Castle (Jon Bernthal) est vraiment intéressant et son duo avec Peter est vraiment chouette mais malgré tout on a parfois l’impression d’être face à une version « moins sérieuse » du personnage que dans le reste de ses apparitions, un peu comme c’était le cas de Strange dans « No Way Home ».

Un peu pareil pour Bruce Banner (Mark Ruffalo) qui reste assez important pour le récit et pour les apparitions de Yelena (Florence Pugh) en représentante des New Angers, avec une conception bien particulière de bureau.

Mais chose positive, contrairement aux films précédents, on n’a pas l’impression d’avoir un Spider-Man qui doit avoir son « babysitter MCU du moment » dans ces interactions. C’est bien plus naturel et c’est un Peter qui va cherchait de l’aide ou une info quand il en a besoin mais pas un Peter qui a « besoin d’être assisté », c’est une belle évolution.

Il y a pas mal de choses à dire sur le personnage interprété par Sadie Sink, et on le fera en zone spoilers, mais je trouve que sa manière de jouer correspond vraiment bien à l’écriture qui a été faite du personnage.

En ce qui concerne le côté plus « technique », c’est une belle réussite également. La musique est de qualité, bien présente quand il le faut mais qui sait se faire discrète (ou absente) à d’autres moments.

C’est visuellement très abouti, avec quelques très bonnes idées dans certains plans, le fait que ça soit Destin Daniel Cretton (réalisateur entre autres de Shang-Chi) aux commandes n’y est sans doute pas étranger. Il arrive vraiment à capturer le côté virevoltant de Spider-Man à bien des occasions, sans jamais non plus nous perdre complètement.

Les chorégraphies martiales sont très réussies également, et mon côté geek ne peut pas s’empêcher de faire le parallèle entre certains affrontements et ceux des derniers jeux « Spider-Man » de chez Insomniac, tant sur les combats eux-mêmes que sur les accessoires et armes de certains adversaires. Il y a là aussi de chouettes idées et le film a également le bon goût de ne pas faire des affrontements inutilement longs et répétitifs.

On se retrouve dans une intrigue très terre-à-terre, loin des soucis de Multivers du précédent et de « Avengers : Doomsday » qui approche et j’ai un sentiment partagé à ce sujet. Je garde les détails pour la zone spoilers mais si c’est agréable de retrouver un Peter qui peut se concentrer sur ses tâches de « sauveur de New-York », il y a clairement des opportunités manquées d’impliquer plus le film dans son grand univers. Difficile de savoir si c’est un choix créatif propre ou une volonté pour Marvel de ne pas donner trop de biscuit dans un film Sony, mais on a l’impression que ce film aurait permis d’amener de nouvelles choses au MCU qui ont été volontairement laissées de côté.

Il y a un développement intéressant des personnages, surtout Peter évidemment, et on n’a pas l’impression de retrouver un simple statu quo à la fin. Le film se permet également des clins d’œil intéressants au reste de l’univers « Spidey » à plusieurs reprises que ça soit via une apparition furtive de personnage (comme Tombstone) ou d’accessoires (comme les gants de Shocker). Il y aussi une chouette alchimie qui se créée entre Peter et l’inspectrice Jean DeWolff (Liza Colón-Zayas) lors de leurs échanges téléphoniques.

Même s’il dure 2h20, on ne s’ennuie pas un moment, et même lors de scènes plus lentes ou intimistes, on n’a pas l’impression de perdre son temps ou juste « d’attendre », on est dans le moment. Il réussit à garder l’humour un peu typique des films Spider-Man, sans trop en jouer non plus et en le préservant sur des moments assez opportuns.

Les bandes-annonces montraient surtout un film qui allait parler de « comment Peter se rapproche à nouveau de MJ et Ned » mais il y a bien plus que ça, et si c’est globalement très réussi, il y a aussi des points qui sont moins parfaits … parlons-en en spoilers.

! Attention ! Spoilers !

Pour ceux qui ont vu le film ou qui s'en fichent de connaître des moments importants de l'histoire ou la fin, voici la zone spoilers.

Je l’ai dit plus haut, il y a des choix qui ont été faits et il est difficile pour nous de savoir si c’est une vraie volonté des scénaristes ou si ça résulte d’une envie de Marvel de ne pas trop mettre de choses dans un film qui n’est pas 100% à eux ou d’autres critères tels qu’un manque de courage créatif.

Le secret le « mieux gardé » du film est donc le rôle de Sadie Sink. Différentes rumeurs parlaient d’une version « MCU » de Gwen Stacy, d’une version alternative de MJ, d’une nouvelle Spider-Woman mais la rumeur la plus dominante était qu’elle incarnait la mutante télépathe Jean Gray. C’est finalement cette rumeur qui s’est avérée correcte et le personnage est traité de manière … ok ?

En fait, le traitement du personnage semble logique dans le contexte d’un MCU qui cherche à introduire petit à petit son propre univers de Mutants avec de nouveaux jeunes acteurs pour ne plus dépendre des films de la Fox du début des années 2000, même si on reverra certains de ces mutants-là dans Doomsday justement.

On écrit donc une nouvelle Jean, avec sa propre origin-story (abandonnée avec sa sœur Sara par leur mère lorsque leurs pouvoirs se sont déclenchés) et on lui donne des motivations suffisantes, l’enlèvement de sa sœur par le Damage Control, pour être l’antagoniste d’une bonne partie du film.

On peut vite interpréter ses actions comme étant celle d’une « grande ado/jeune adulte » en colère et impulsive mais certaines choses sont poussées trop loin comme le fait qu’elle tue (au moins) un innocent et qu’elle éprouve un certain sadisme à torturer le pauvre Peter lorsqu’elle possède MJ. Je peux accepter néanmoins que ça soit vu comme certains comme « le comportement d’un méchant de film » et pas plus… éventuellement. Mais il y a 2 choses que je trouve plus problématiques.

Le dernier quart du film nous révèle que le vrai méchant, ce n’est pas elle, c’est Bill Metzger (Tramell Tillman, qui fait déjà bien le connard dans Severance), qui dirige le Département du Damage Control et mène des expériences sur les criminels capturés, expériences qui ont couté la vie à la Sara. On avance plus loin, Jean parvient à se libérer, est à 2 doigts de tuer Bill avant que Peter n’arrive à la convaincre d’accepter ses pouvoirs et qu’elle n’est pas seule, et puis ce dernier se sacrifie pour elle en encaissant le tir de Frank. Et puis, on ne parle plus vraiment d’elle. Les journaux parlent d’un Metzger en fuite, d’un Spider-Man à l’hôpital mais rien sur la jeune criminelle qui a pu s’échapper et partir loin de là en bus, vers de nouvelles aventures, sans aucune conséquence sur ses actions criminelles. Une conclusion bif bof. (Et le fait d’avoir perdu sa sœur et de ne pas être la vraie méchante du film n’est pas une raison valable d’abandonner les charges.)

Mais le plus gros problème est dans la manière dont le film parle des mutants… c’est à dire qu’il n’en parle pas du tout. Jean Grey est une jeune adulte télépathe, comme sa sœur, et c’est une capacité qu’elles ont. C’est tout. Les complets néophytes vont juste y voir un personnage « avec des pouvoirs » comme il y en a partout dans le MCU. Ceux qui s’y connaissent un peu en Marvel vont voir la référence, savoir que dans les vieux films X-Men c’est une Mutante et y voir un clin d’œil sympa. Et les plus aficionados (Coucou Laurent !) vont se poser la grande question : pourquoi on ne cite jamais le mot « Mutant » ? Le film parle de mutations ADN (pour Peter et Hulk aussi) et l’intrigue ici aurait été un bon point pour placer le concept pour les gens qui ne le connaissent pas et commencer à mettre en place la suite. Il faut malheureusement sans doute y voir l’envie de Marvel de garder ce genre de cartouche pour d’autres films mais c’est sans doute un acte manqué.

Dernier point sur Jean Gray, car il y a d’autres points à traiter aussi. Une autre rumeur courait aussi avant la sortie sur le fait que Sadie Sink pourrait incarner Rachel Summers, la fille de Jean. Difficile de savoir si c’est quelque chose qui a été envisagé à un moment mais le comportement du personnage convient bien mieux à une Rachel, plus impulsive que Jean, mais ce n’est finalement pas le cas.

Le film parle aussi d’une autre évolution de Peter, celle de s’accepter entièrement, d’être lui-même et de ne pas se freiner. Au fil (ha ha) de l’histoire, sa mutation évolue, ses pouvoirs s’amplifient, ayant réellement des sens surdéveloppés et pouvant générer organiquement de la toile, comme le Spidey de Tobey Maguire à l’époque. Ça amène des moments assez intéressants, des échanges avec Bruce Banner sur le sujet, et le danger de vouloir et pouvoir contrôler les pouvoirs, ainsi qu’avec MJ qui l’aidera à s’accepter pour devenir sans doute la meilleure version de lui-même.

D’ailleurs, on peut vite faire un lien entre Peter et Jean qui doivent tous les deux accepter leurs changements (même s’ils n’ont pas la même origine), apprendre à garder le contrôle et accepter qui ils sont devenus.

Finissons cette zone spoilers par ce qui termine le film : sa scène post-générique. Le « Spider Tracker » qui ne trouve pas Spider-Man et puis le trouve… dans l’espace. Et c’est tout. Alors, clin d’œil au Battleworld qu’on devrait avoir via Secret Wars en 2027 ? Autres plans plus spatiaux pour Peter à l’avenir … dur de savoir, mais étrange encore que Marvel n’ait pas pris l’occasion de faire monter un peu plus la mayonnaise en vue de la sortie de Doomsday.

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Conclusion

Qu’est-ce que ça fait du bien d’avoir un excellent film Spider-Man !

Si j’ai bien apprécié la première « trilogie Tom Holland », il faut reconnaître qu’elle semblait être une introduction pour que Peter devienne enfin, dans ce film, le Spider-Man qu’on connait vraiment, présent pour sauver sa ville des multiples dangers qui y rodent.

Tout n’est pas parfait, en particulier une partie de l’intrigue autour de l’antagoniste, comme expliqué en zone spoilers, mais on est sur un film qui tient vraiment bien, qui est assez profond, bien tourné, joli, avec des effets spéciaux réussis et de belles chorégraphies martiales. A moins d’être hermétique au genre, c’est un film qui peut vraiment plaire au plus grand nombre.

Mais Marvel nous montre qu’ils peuvent encore réussir de belles choses au cinéma, surtout quand ils concentrent leur intrigue autour de leurs personnages (Comme Thunderbolts*) plutôt que sur une accumulation d’événements (la seconde partie de Fantastic Four…). De bonne augure avant le Avengers de décembre ?

Bande-annonce (VO-ST Fr)

 

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