J’aurais vraiment aimé écrire cette critique bien plus tôt, mais les choses se sont pas mal enchaînées et voilà que je prends enfin le temps de mettre en mots mon ressenti sur cette 10ème saison de Scrubs.
Scrubs, dans sa version originale, est dans mon panthéon des meilleures séries de tous les temps, à la fois drôle, touchante, extrêmement bien écrite et parfois bien plus profonde que ce qu’elle laisse paraître au premier abord.
Alors, quand ils ont annoncé une nouvelle version, 25 ans après les débuts, en décidant de reprendre le casting original et de faire une suite directe, il y avait de quoi craindre le pire … et donc finalement ?
La série est disponible sur Disney +
Présentation
À l’origine, Scrubs nous a fait suivre pendant 8 saisons les premières années à l’hôpital du Sacré Cœur d’un jeune médecin, John « JD » Dorian (Zach Braff), de son meilleur ami Christopher Turk (Donald Faison) et de celle qui sera vite son love-interest Eliott Reed (Sarah Chalke). Ils sont entourés d’autres membres du personnel comme l’infirmière Carla Espinosa (Judy Reyes), qui deviendra la femme de Turk, le médecin Perry Cox (John C. McGinley), que JD verra toujours comme son mentor ou encore le Chef de Médecine Bob Kelso (Ken Jenkins), souvent vu comme le diable incarné. Impossible de tous les citer dans cette présentation rapide. La 8ème saison se terminait sur un bel épisode d’adieu, voué à clore la série.
Mais ABC décida de poursuivre la série avec une saison 9, construite à l’origine comme un spin-off, mais transformée en suite directe avec un mélange d’ancien membres dont les personnages étaient parfois des clichés d’eux-mêmes et de nouveaux qui n’étaient que peu intéressants. Une unique saison avant une pause de plus de 15 ans.
Et voilà donc qu’arrive cette saison 101, qui ignore (ou rectifie au mieux) les événements de la neuvième et nous permet de retrouver JD, désormais médecin de famille après avoir quitté l’hôpital et divorcé d’Elliot. De son côté, Elliot est toujours médecin au Sacré-Cœur, tandis que Turk y est toujours chef du service de chirurgie et jongle avec son rôle de père de quatre filles.
Divers événements vont pousser JD à accepter le rôle de Chef de Médecine en lieu et place du Docteur Cox, ce qui va amener de nouvelles tensions mais qui va surtout pouvoir nous montrer l’évolution des personnages après autant de temps.
1 Selon les sources, la série est parfois définie comme étant la « Saison 1 de Scrubs (2026) » ou la « Saison 10 de Scrubs ». Puisqu’il s’agit réellement d’une suite à l’originale, j’ai de mon côté choisi le second camp.
Critique
La plus grande crainte que j’avais en lançant la série c’était qu’elle devienne le cliché de ce qu’elle était, ce que j’ai ressenti devant « Malcolm in the Middle : Life’s Still Unfair » cette année. J’ai vite été rassuré sur ce point car dès leurs premières apparitions, on a vraiment l’impression de retrouver les personnages qu’on avait quitté il y a donc plus de 15 ans (!!).
L’alchimie entre le casting original est toujours là, et semble tout aussi naturel qu’à l’époque. Bien entendu, c’est le binôme JD/Turk qui est le plus mis en avant mais les autres relations ne sont pas en reste que ça soit entre JD et Eliott ou encore les moments entre JD et Cox.
On a vraiment l’impression de les retrouver tels qu’ils l’étaient à l’époque, on sent que les acteurs ont vite été à l’aise pour reprendre ces rôles et qu’ils ont vite pu retrouver l’essence de leurs personnages.
Mais la série réussit à nous introduire une nouvelle équipe de jeunes médecins qu’on apprend à connaître. On s’attache à eux au fil de la saison, ils sont un peu approfondis d’épisode en épisode mais ils restent des personnages secondaires qui ne semblent pas forcés. De mon côté, je les trouve tous les 5 vraiment chouettes.
On découvre aussi d’autres nouveaux personnages secondaires comme le Docteur Park (Joel Kim Booster), qui fait office d’antagoniste pour JD cette saison ou encore la nouvelle responsable des ressources humaines et spécialiste du bien-être Sibby Wilson (Vanessa Bayer), personnage intéressant et drôle qui mériterait d’être approfondi dans la suite.
La saison s’appuie pas mal sur la nostalgie mais elle ne fait que ça. Elle nous montre à nouveau des relations déjà connues mais elle les fait aussi évoluer en nous les présentant sous un regard neuf, comme JD et Eliott qui doivent apprendre travailler ensemble après leur divorce ou l’évolution de la relation entre JD et Cox après que ce dernier a fait un pas de côté.
Plusieurs personnages qui étaient récurrents à l’origine font quelques passages dans la série. En toile de fond d’une histoire ou plus central à l’un ou l’autre épisode, on est toujours contents de recroiser Carla, Todd (Robert Maschio), Jordan (Christa Miller) ou encore Hooch (Phill Lewis). On espère avoir une apparition (autre que son portrait) de Bob Kelso en saison 11, si c’est possible pour l’acteur, et on sait qu’on ne pourra malheureusement plus revoir Ted, notre avocat préféré, suite au décès de Sam Lloyd en 2020.
On aurait pu croire également qu’on allait voir passer Doug (Johnny Kastl) ou encore Kim (Elizabeth Banks), mais pour cette dernière, il semble que cette saison ait décidé de rester volontairement floue sur le côté paternel de JD, gardant plus le focus sur sa vie à l’hôpital. Peut-être qu’en saison 11 on aura un aperçu de ce qu’est devenu le petit Sam (et donc Kim), ainsi qu’Ollie, l’enfant qu’il a eu avec Eliott.
La série garde l’esprit de l’original avec son mélange d’humour absurde, d’échanges et relations entre les personnages mais avec aussi sa partie de drames et autres moments plus sérieux qui peuvent également émouvoir. De nouvelles histoires oui mais avec une manière plutôt similaire d’être racontée.
Il y a également des petits ratés ça et là, de l’humour qui ne touche pas à tous les coups, mais en règle générale, il n’y a pas grand chose à lui reprocher.
! Attention ! Spoilers !
Le gros twist de la saison vient du moment où on apprend la maladie du Dr Cox. Des moments touchants, dans les 2 derniers épisodes de la saison, qui voient un changement dans l’équilibre JD/Cox, où c’est désormais à JD d’être là pour son mentor, ce dernier ayant également une très émouvante scène avec Jordan.
Et il faut attendre le dernier épisode pour avoir, enfin, une apparition de notre Janitor préféré (Neil Flynn). Quelques échanges typiques entre lui et JD, qui montrent que ces querelles font partie des choses qu’il manque à cette saison 10. Mais pas de panique, la révélation de fin du dernier épisode (le gentil homme d’entretien (Darcy Michael) est en fait le fils du Janitor) et le fait que Neil Flynn est annoncé comme guest en saison 11.
Conclusion
J’avais eu peur dès l’annonce du projet mais j’ai vite été rassuré par les premiers épisodes et, fort heureusement, la saison n’a pas faibli en cours de route.
On retrouve avec grand plaisir les personnages qu’on a appris à aimer dans les saisons originelles, dans des histoires qui sont à la fois dans la continuité de celles d’il y a 15 ans mais aussi avec de nouvelles dynamiques.
C’est vraiment une réussite et je ne peux que vous encourager à voir cette saison 10 si vous aimez Scrubs … et si vous ne connaissez pas … mais foncez-voir les 8 premières saisons !

