{"id":4143,"date":"2026-09-23T12:14:24","date_gmt":"2026-09-23T10:14:24","guid":{"rendered":"https:\/\/worldofmeg.be\/?p=4143"},"modified":"2026-09-23T12:14:24","modified_gmt":"2026-09-23T10:14:24","slug":"resident-evil-2026-nouvelle-viree-dans-un-monde-zombifie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/worldofmeg.be\/index.php\/2026\/09\/23\/4143\/","title":{"rendered":"Resident Evil (2026) &#8211; Nouvelle vir\u00e9e dans un monde zombifi\u00e9"},"content":{"rendered":"<p>Lorsqu&rsquo;il d\u00e9barque sur la PlayStation en 1996, le jeu vid\u00e9o <em>Resident Evil<\/em> d\u00e9finit les r\u00e8gles du Survival-Horror moderne post \u00ab\u00a0<em>Alone in The Dark<\/em>\u00a0\u00bb et contribue \u00e0 populariser ce genre aupr\u00e8s du grand public. M\u00e9lange d&rsquo;action\/aventure avec un climat horrifique, le jeu nous propose les pr\u00e9mices d&rsquo;une invasion de cr\u00e9atures mortes-vivantes et lancera une immense franchise dont le 9\u00e8me opus principal est sorti en f\u00e9vrier de cette ann\u00e9e.<\/p>\n<p>Le succ\u00e8s du jeu a vite pouss\u00e9 ses propri\u00e9taires \u00e0 essayer d&rsquo;en faire une adaptation au cin\u00e9ma. Et pas qu&rsquo;une. Une premi\u00e8re franchise de 6 films entre 2002 et 2016, puis un reboot maladroit en 2021 avant cette nouvelle remise \u00e0 z\u00e9ro de 2026. Avec, cette fois-ci, Zach Cregger aux manettes, qui a le vent en poupe apr\u00e8s les succ\u00e8s de Barbarian en 2022 mais surtout de Weapons (<em>\u00c9vanouis<\/em> en VF) l&rsquo;an dernier.<\/p>\n<p>Comment va-t-il adapter la franchise \u00e0 sa sauce ? Voyons \u00e7a &#8230;<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<h2>Pr\u00e9sentation<\/h2>\n<p>Mais tout d&rsquo;abord, petit retour en arri\u00e8re &#8230;<\/p>\n<p>C&rsquo;est d\u00e8s 2002, sous <strong>la direction (et la plume) de Paul W. S. Anderson<\/strong> qu&rsquo;on retrouve la premi\u00e8re adaptation de Resident Evil. Projet \u00e9trange qui nous propose des personnages in\u00e9dits et assez peu de lien vers la franchise en elle-m\u00eame si ce n&rsquo;est l&rsquo;un ou l&rsquo;autre gimmick et des quelques noms. <strong>Milla Jovovich y incarnait la myst\u00e9rieuse Alice, personnage principal de cette franchise de 6 films<\/strong> \u00e0 l&rsquo;incroyable succ\u00e8s populaire (d\u00e9passant parfois les 300 millions de dollars de recettes) malgr\u00e9 <strong>une qualit\u00e9 cin\u00e9matographique, disons, m\u00e9diocre &#8230; voire nanardesque<\/strong>. Les 6 films citeront souvent des personnages et autres noms venant des jeux, mais en restant dans leur univers propre qui n&rsquo;a pas vraiment de lien avec celui des jeux. Ce sont d&rsquo;ailleurs bien plus des films d&rsquo;action que de r\u00e9els films d&rsquo;horreur.<\/p>\n<p>En 2021, Johannes Roberts, r\u00e9alisateur sp\u00e9cialiste de l&rsquo;horreur, nous propose <strong>une adaptation cartes plus \u00ab\u00a0fid\u00e8le\u00a0\u00bb, car proposant un m\u00e9lange des intrigues des 2 premiers jeux, mais surtout tr\u00e8s maladroite<\/strong> avec peu d&rsquo;attachement \u00e0 des personnages pas tr\u00e8s bien \u00e9crits, une histoire qui essaie de raconter plein de choses tout en \u00e9tant rush\u00e9e en \u00e0 peine plus d&rsquo;1h30 et un vrai manque de moments de frissons. Le succ\u00e8s ne sera pas au rendez-vous, m\u00eame si certains sauvent en partie le film qui leur proposait \u00ab\u00a0leurs personnages favoris au cin\u00e9ma\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Et nous voici donc 5 ans plus tard, avec la version que nous propose Zach Cregger, dont je vais vous poser les bases.<\/p>\n<p>Lors d&rsquo;une froide nuit hivernale, Bryan Hodukavich (<em>Austin Abrams<\/em>), un coursier effectuant des livraisons m\u00e9dicales, est sous le choc lorsque sa compagne lui annonce par t\u00e9l\u00e9phone \u00eatre enceinte. Utilisant l&rsquo;excuse de faire une livraison pay\u00e9e double, mais surtout pour fuir une discussion les yeux dans les yeux avec elle,<strong> il accepte une livraison urgente : acheminer sans d\u00e9lai un colis important \u00e0 l&rsquo;H\u00f4pital Central de Raccoon City<\/strong>, dans les montagnes enneig\u00e9es. Sur les routes verglac\u00e9es, il tente de ne pas faire d&#8217;embard\u00e9es tout en \u00e9tant au t\u00e9l\u00e9phone avec sa compagne. En pleine conversation tendue, il perd son signal t\u00e9l\u00e9phonique et heurte ensuite de plein fouet une femme qui traverse la route au milieu de nulle part.<\/p>\n<blockquote><p>Le film est sorti au cin\u00e9ma le 16 septembre 2026<\/p><\/blockquote>\n<h2>Critique<\/h2>\n<p>Zach Cregger d\u00e9cide d&rsquo;aller \u00e0 l&rsquo;oppos\u00e9 de ces 2 pr\u00e9d\u00e9cesseurs en faisant le choix volontaire de ne pas suivre un groupe de militaires ou de h\u00e9ros surentrain\u00e9s, mais en mettant <strong>sa cam\u00e9ra \u00e0 hauteur d&rsquo;un personnage lambda<\/strong>, qui va surtout subir les \u00e9v\u00e9nements.<\/p>\n<p><strong>Bryan est un type paum\u00e9<\/strong>, au sens propre comme figur\u00e9, qui r\u00e9agira aux situations qu&rsquo;il rencontre comme r\u00e9agirait une personne assez normale : jurer, tenter de se rassurer \u00e0 voix haute, se pr\u00e9cipiter et parfois prendre les plus mauvaises d\u00e9cisions. Cette situation va cr\u00e9er un vrai lien entre le spectateur et le personnage : on ne sait pas ce qu&rsquo;il va faire, on ne sait pas ce sur quoi il peut tomber, on va s&rsquo;inqui\u00e9ter pour lui, trembler avec lui, et \u00eatre tout autant aux aguets que lui.<\/p>\n<p>Le r\u00e9alisateur a la tr\u00e8s bonne id\u00e9e de <strong>r\u00e9guli\u00e8rement impliquer le spectateur avec la cam\u00e9ra<\/strong> via des mises en sc\u00e8nes simples mais efficaces. Des plans en vue subjective, d&rsquo;autres o\u00f9 la cam\u00e9ra est proche de l&rsquo;\u00e9paule du personnage, le suivant pas \u00e0 pas, comme dans les jeux modernes depuis Resident Evil 4, mais \u00e9galement des plans de portes qui s&rsquo;ouvrent lentement, \u00e9chos des temps de chargement des tout premiers jeux et faisant grimper la tension.<\/p>\n<p>Il r\u00e9ussit \u00e9galement \u00e0 <strong>retranscrire la structure narrative d&rsquo;un jeu vid\u00e9o sans rendre \u00e7a r\u00e9barbatif<\/strong>. L&rsquo;adaptation de <em>Silent Hill<\/em> par <em>Christophe Gans<\/em> en 2006 avait un peu ce probl\u00e8me de copier-coller du jeu avec l&rsquo;impression d&rsquo;arriver \u00e0 un lieu 1, d&rsquo;y trouver l&rsquo;objet X qui m\u00e8ne vers le lieu 2 et ainsi de suite. On pourrait faire le m\u00eame reproche ici mais il n&rsquo;y a pas ce c\u00f4t\u00e9 artificiel. Bryan se trouve dans un lieu X, o\u00f9 il subira l&rsquo;une ou l&rsquo;autre \u00e9preuve qui lui permettront de changer de lieu et de \u00ab\u00a0passer au niveau suivant\u00a0\u00bb de mani\u00e8re assez fluide. On n&rsquo;est pas loin du film en temps r\u00e9el.<\/p>\n<p>Les moments de tension sont nombreux et g\u00e9n\u00e9ralement tr\u00e8s r\u00e9ussis mais Cregger a r\u00e9ussi \u00e0 placer<strong> la juste dose d&rsquo;humour<\/strong> assez r\u00e9guli\u00e8rement pour permettre de d\u00e9dramatiser certains \u00e9v\u00e9nements tout en gardant la tension ambiante. Entre les moments o\u00f9 Bryan parle tout seul, ses maladresses, certaines de ses (mauvaises) id\u00e9es, le film nous arrache pas mal de sourires ou de rires avant de nous faire sursauter une nouvelle fois.<\/p>\n<p>Au-del\u00e0 de son ambiance g\u00e9n\u00e9rale et de certains jump-scare, le film doit <strong>son c\u00f4t\u00e9 horreur<\/strong> aux cr\u00e9atures que l&rsquo;on va y croiser et le c\u00f4t\u00e9 gore du film. Pour les cr\u00e9atures, j&rsquo;en parlerai un peu en zone spoilers. Pour le c\u00f4t\u00e9 gore, on est tr\u00e8s loin d&rsquo;un \u00ab\u00a0torture horror\u00a0\u00bb que je d\u00e9teste, ici \u00e7a reste assez grotesque pour cela reste \u00ab\u00a0fun\u00a0\u00bb \u00e0 regarder en gardant un vrai c\u00f4t\u00e9 horrifique.<\/p>\n<p><strong>Le point faible du film reste pour moi son dernier quart<\/strong> qui encha\u00eene un peu trop les moments d&rsquo;action et laisse tomber le c\u00f4t\u00e9 oppressant en ajoutant parfois un peu trop de ridicule.<\/p>\n<p>Et vous allez me dire \u00ab\u00a0<strong>mais o\u00f9 est Resident Evil dans tout \u00e7a ?<\/strong>\u00ab\u00a0. Et vous n&rsquo;aurez pas tout \u00e0 fait tort au premier abord. Pas de Redfield, de Wesker, de S.T.A.R.S. et autres, mais des r\u00e9f\u00e9rences plac\u00e9es \u00e0 certains endroits, comme le nom d&rsquo;Umbrella Corp, qui confirment qu&rsquo;on est bien dans cet univers. En regardant plus en d\u00e9tails, il y a de nombreuses r\u00e9f\u00e9rences parfois directes (des bombes de premiers soin visibles dans une sc\u00e8ne, une machine \u00e0 \u00e9crire en \u00e9vidence ailleurs, une cl\u00e9 avec un symbole, &#8230;) et d&rsquo;autres plus subtiles (comme la structure du film \u00e9voqu\u00e9e plus haut).<\/p>\n<p>Car, plus que les r\u00e9f\u00e9rences visuelles, le film reproduit surtout la logique de gameplay : explorer une zone, r\u00e9cup\u00e9rer un objet, comprendre comment progresser, \u00e9conomiser ses ressources et affronter une menace avant de passer \u00e0 la zone suivante. <strong>Et \u00e7a contribue fortement \u00e0 la r\u00e9ussite du film<\/strong>.<\/p>\n<h3><span style=\"color: #ff0000;\">! Attention ! Spoilers !<\/span><\/h3>\n\n<div class=\"sp-wrap sp-wrap-black\">\n<div class=\"sp-head\" title=\"Expand\">\nPour ceux qui ont vu le film ou qui s&#039;en fichent de conna\u00eetre des moments importants de l&#039;histoire ou la fin, voici la zone spoilers.\n<\/div>\n<div class=\"sp-body folded\">\n<\/p>\n<p>Pour son bestiaire, <strong>le r\u00e9alisateur a d\u00e9cid\u00e9 de ne pas simplement copier des cr\u00e9atures issues du lore de Resident Evil<\/strong> mais de cr\u00e9er plut\u00f4t ses propres menaces. On se retrouve face \u00e0 de simples zombies, m\u00eame si leur comportement est diff\u00e9rent des jeux, certains sont capables de courir par exemple, et les cr\u00e9atures \u00e0 tentacules \u00e9voquent fortement les monstres qu&rsquo;on peut rencontrer dans Resident Evil 4.<\/p>\n<p>En dehors de ces exemples, la mani\u00e8re dont fonctionne le Virus du film semble vraiment diff\u00e9rente, on peut le voir avec la petite fille au pied infect\u00e9, la cr\u00e9ature souterraine avec les rats mais surtout avec la \u00ab\u00a0masse humaine\u00a0\u00bb qui poursuit Bryan tout au long du film, grotesque et effrayante, elle ne vient nullement d&rsquo;un jeu mais r\u00e9ussit tr\u00e8s bien son effet.<\/p>\n<p>La cr\u00e9ature qui se rapproche le plus du visuel des jeux au sein du film est le monstre que devient Bryan dans les derni\u00e8res minutes. Il y a clairement une vibe \u00ab\u00a0<strong>William Birkin apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 infect\u00e9 au G-Virus<\/strong>\u00a0\u00bb vu \u00e0 la fin de <em>Resident Evil 2<\/em>, notamment avec son \u00e9norme pince et l&rsquo;oeil poussant sur son corps.<\/p>\n<p><strong>Un petit mot sur la fin d&rsquo;ailleurs<\/strong>. Je ne milite pas pour que tous les films aient une fin heureuse, mais je m&rsquo;attendais plut\u00f4t \u00e0 une forme de r\u00e9demption finale pour Bryan. Les scientifiques \u00e0 la fin sont clairement montr\u00e9s comme assez incomp\u00e9tents, surtout sous pression, ce qui explique aussi que la catastrophe ait pu se produire \u00e0 cette \u00e9chelle. Mais je m&rsquo;attendais plus \u00e0 une fin douce-am\u00e8re (un Bryan gu\u00e9ri mais perdu au milieu de cette ville infect\u00e9e rendant impossible son retour vers sa bien-aim\u00e9e) que ce final un peu trop grand guignolesque \u00e0 mes yeux.<\/p>\n<p>\n<div class=\"spdiv\">[collapse]<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n\n<h2>Conclusion<\/h2>\n<p>Pour sa vision de Resident Evil, Zach Cregger d\u00e9cide de ne pas nous raconter l&rsquo;Histoire, avec un grand H, de l&rsquo;invasion de zombies et des h\u00e9ros qui y font face, mais de nous narrer la \u00ab\u00a0petite\u00a0\u00bb histoire qui se passe \u00e0 c\u00f4t\u00e9, celle d&rsquo;un individu qui se trouve au mauvais endroit au mauvais moment et qui subit les cons\u00e9quences d&rsquo;\u00e9v\u00e9nements plus grands que lui.<\/p>\n<p>Le r\u00e9alisateur n&rsquo;a pas essay\u00e9 d&rsquo;adapter une histoire de Resident Evil en film, il nous propose <strong>un film qui donne l&rsquo;impression au spectateur de jouer \u00e0 un Resident Evil, de faire partie de cet univers<\/strong>. Et pour moi c&rsquo;est une grande r\u00e9ussite.<\/p>\n<p>Le film ne plaira pas \u00e0 celles et ceux qui n&rsquo;appr\u00e9cient pas du tout ce genre de film mais si vous \u00eatre un tant soit peu curieux, <strong>je vous le recommande chaudement<\/strong>.<\/p>\n<h2>Bande-annonce (VO-ST Fr)<\/h2>\n<p><iframe loading=\"lazy\" title=\"RESIDENT EVIL - Bande-annonce VOST\" width=\"1440\" height=\"810\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/fe7BBFX0k2k?feature=oembed\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Lorsqu&rsquo;il d\u00e9barque sur la PlayStation en 1996, le jeu vid\u00e9o Resident Evil d\u00e9finit les r\u00e8gles du Survival-Horror moderne post \u00ab\u00a0Alone in The Dark\u00a0\u00bb et contribue \u00e0 populariser ce genre aupr\u00e8s du grand public. 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